Sunday, March 12, 2017

Lorenzo Vidino : La Conquête de l'Europe par les Frères Musulmans

Dr. Lorenzo Vidino is the Director of the Program on Extremism at George Washington University. An expert on Islamism in Europe and North America, his research over the past 15 years has focused on the mobilization dynamics of jihadist networks in the West; governmental counter-radicalization policies; and the activities of Muslim Brotherhood-inspired organizations in the West.
A native of Italy who holds American citizenship, Dr. Vidino earned a law degree from the University of Milan Law School and a doctorate in international relations from Tufts University’s Fletcher School of Law and Diplomacy. He has held positions at Harvard University’s Belfer Center for Science and International Affairs at the Kennedy School of Government, the U.S. Institute of Peace, the RAND Corporation, and the Center for Security Studies (ETH Zurich).
The author of several books and numerous articles, Dr. Vidino’s most prominent work is The New Muslim Brotherhood in the West, a book published in 2010 by Columbia University Press, with an Arabic edition released the following year by the Al Mesbar Studies and Research Center. The book offers a comparative study of Islamist organizing in various Western countries as well as the wide-ranging public policy responses by Western leaders.
Dr. Vidino has testified before the U.S. Congress and other parliaments; advised law enforcement officials around the world; and taught at universities in the U.S. and Europe. He regularly provides commentary to diverse media outlets, including The New York Times, The Washington Post, The Wall Street Journal, PBS, CNN, Fox News, MSNBC, BBC, Al Jazeera, The London Times, The Telegraph, Reuters, and more. He delivers presentations to a wide variety of audiences, including policymakers, students, and the general public.

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La Conquête de l'Europe par les Frères Musulmans

by Lorenzo Vidino
Middle East Quarterly
Hiver 2005
Translation of the original text: The Muslim Brotherhood's Conquest of Europe
Translated by Simon Pilczer
Depuis sa fondation en 1928, les Frères Musulmans (Hizb al-Ikhwan al-Muslimun) ont profondément influencé la vie politique au Moyen-Orient. La devise de la confrérie déclare : « Allah est notre objectif. Le Prophète est notre chef. Le Coran est notre loi. Le Jihad est notre voie. Mourir dans la voie d'Allah est notre plus grande espérance ». (1)

Alors que les idées radicales des « Frères » a donné forme à des générations d'islamistes, au cours des deux dernières décennies, elles ont perdu quelque peu de leur puissance et de leur attraction au Moyen-Orient, écrasées par une répression sévère par les régimes locaux et rejetées par les plus jeunes générations d'islamistes qui préfèrent souvent des organisations plus radicales.
Mais le Moyen-Orient n'est qu'une partie du monde musulman. L'Europe est devenue un incubateur de la pensée et du développement politique islamistes. Depuis le début des années 1960, les membres des Frères Musulmans et leurs sympathisants ont migré vers l'Europe et ont lentement mais constamment établi un large réseau bien organisé de mosquées, d'œuvres de charité, et d'organisations islamiques. A l'opposé de la plus large communauté islamique, l'objectif final des Frères Musulmans peut ne pas être simplement « d'aider les Musulmans à être les meilleurs citoyens qu'ils puissent être », mais plutôt d'étendre la loi islamique à travers l'Europe et les Etats-Unis. (2)

Quatre décennies d'enseignement et de culture ont payé. Les réfugiés étudiants qui ont émigré du Moyen-Orient il y a quarante ans, et leurs descendants dirigent aujourd'hui des organisations qui représentent les communautés musulmanes locales dans leur engagement avec l'élite politique de l'Europe. Financés par de généreux contributeurs du golfe persique, ils président à un réseau central qui s'étend sur presque chaque pays européen.

Ces organisations se présentent elles-mêmes comme le courant dominant, même si elles continuent d'embrasser les vues radicales des Frères et de maintenir des liens avec les terroristes. Suivant une rhétorique modérée et un Français, Flamand, ou Allemand bien parlé, ils ont gagné leur acceptation par les gouvernements européens et les médias aussi. Des politiciens de tout le spectre politique se précipitent pour s'engager à tout moment si une question impliquant des Musulmans est soulevée, ou plus selon leur clocher, quand ils recherchent le vote de la communauté musulmane bourgeonnante.

Mais, parlant arabe ou turc avant leurs compagnons musulmans, ils abandonnent leur façade et adhèrent au radicalisme. Alors que leurs représentants parlent de dialogue interreligieux et d'intégration à la télévision, leurs mosquées prêchent la haine et mettent en garde les fidèles des maux de la société occidentale. Alors qu'ils condamnent publiquement les meurtriers des passagers à Madrid et des enfants des écoles en Russie, ils continuent de lever des fonds pour le Hamas et d'autres organisations terroristes. Des Européens, avides de créer le dialogue avec leur minorité musulmane de plus en plus désaffectée, ignorent cette duplicité. Le cas est particulièrement visible en Allemagne, qui occupe une position clé en Europe, non seulement à cause de sa position au cœur de l'Europe, mais aussi parce qu'elle a servi d'hôtesse à la première vague majeure d'immigrants Frères Musulmans, et est l'hôtesse à la présence des « Frères » les mieux organisés. La réaction du gouvernement allemand est aussi instructive pour démontrer les dangers d'accepter seulement la rhétorique des « Frères Musulmans » à sa valeur faciale, sans observer la portée plus générale de ses activités.