Thursday, January 12, 2017

La Jizya islamique, réalité et fiction

Un article de Raymond Ibrahim, publié ici et traduit par @nounpopulus (son blog)
La demande des musulmans aux non musulmans, « les infidèles », de payer la jizya –au risque de mourir– ne cesse d’augmenter, alors que l’Occident oscille entre n’avoir aucune idée de ce qu’est la jizya et penser que la jizya n’est qu’un exemple de « tolérance » islamique.
Dans une vidéo de l’Etat islamique montrant le massacre de 30 éthiopiens chrétiens en Libye en avril dernier, le porte-parole indiquait plusieurs fois quele paiement de la jizya (que les migrants éthiopiens appauvris ne pouvaient payer, ni les 21 coptes avant eux) était le seul moyen pour les chrétiens du monde entier de préserver leurs vies : 
« Mais quiconque refuse de payer la jizya ne verra rien d’autre de nous que le bout de la lance. Les hommes seront tués et les enfants seront réduits en esclavage, et leurs biens seront pris en guise de butin. Ceci est le jugement d’Allah et de son messager. »
Quand l’Etat islamique envahit d’anciennes régions chrétiennes autour de la Plaine de Ninive en juin dernier, il déclara : « Nous leurs offrons (aux assyriens chrétiens) trois choix : l’islam, le contrat de dhimmitude (sous entendu le paiement de la jizya), et s’ils refusent, ils n’auront rien d’autre que le sabre. »
L’Etat islamique n’est pas le seul à demander la jizya aux chrétiens « infidèles ». En 2002, le cheikh saoudien Muhammad bin Abdul Rahman, alors qu’il discutait de la prédiction du prophète affirmant que l’islam irait conquérir Rome, affirmait : « Nous contrôlerons le territoire du Vatican, nous contrôlerons Rome et nous y introduirons l’islam. Oui, les chrétiens nous paieront la jizya, en signe d’humiliation, ou ils se convertiront à l’islam. »
Dans une récente vidéo postée, le cheikh Issam Amira dans un sermon à la mosquée Al Aqsa, se lamente que trop de musulmans pensent que le jihad n’est que pour se défendre contre les envahisseurs, alors qu’en fait les musulmans sont aussi obligés de mener une guerre offensive contre les non musulmans : 
« Quand vous êtes face à l’ennemi païen, appelez-le à se convertir à l’islam, ou demandez l’aide d’Allah et combattez-le. Même s’il ne vous combat pas, combattez-le ! Combattez-le ! Quand ? Quand il vous combat ? Non, quand il refuse de se convertir à l’islam ou qu’il refuse de payer la jizya. Que ça leur plaise ou non, ils se soumettront à l’autorité d’Allah. »
En bref, si l’État islamique impose la jizya aux infidèles, les exigences pour son retour sont en augmentation dans le monde musulman. Si le chef salafiste égyptien, Abu Shadi, stipulait que les coptes « devaient se convertir à l’islam, payer la jizya, ou se préparer à la guerre », Dr. Amani Tawfiq, une professeure à l’université de Mansoura en Égypte, a déclaré que « si l’Égypte veut lentement mais sûrement sortir le pays de la pauvreté, la jizya devait être imposée aux coptes. »
LA DOCTRINE ET L’HISTOIRE DE LA JIZYA
Le terme « jizya » apparaît à la sourate 9:29 du coran :
« Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation par leurs propres mains, après s’être humiliés. »
Dans un hadith, Mahomet appelle régulièrement les musulmans à imposer la jizya aux infidèles :
« S’ils refusent d’accepter l’islam, demandez leur la jizya. S’ils acceptent de payer, acceptez leur choix et tenez à distance vos mains. S’ils refusent, demandez l’aide d’Allah et combattez les. »
Le deuxième calife « bien-guidé », Omar al-Khattab, a ordonné que tout infidèle qui refuse de se convertir « doit payer la jizya par humiliation et humilité. S’il refuse, c’est le sabre sans clémence. »
Selon l’Encyclopédie de la civilisation médiévale islamique, « les juristes musulmans sont venus à penser que certaines répressions et humiliations de la dhimmitude sont de rigueur. On exige des dhimmis [les chrétiens et juifs soumis à la loi islamique], de payer la jizya en plein jour, les paumes de mains levées, et de recevoir une claque sur le front ou sur la nuque par l’officier chargé de collecter la taxe. »
Certains juristes islamiques ont mandaté d’autres rituels humiliants lors du paiement de la jizya, où l’officier qui préside frappe, étrangle, et dans certains cas, tire sur la barbe du dhimmi, et à qui on peut même demander de s’approcher de l’officier à quatre pattes.
Pour faire simple, les non musulmans vaincus doivent acheter leur vie, sur laquelle une amende a été imposée par les conquérants musulmans, avec de l’argent. Au lieu de prendre leur vie, ils leur prennent leur argent. Selon un juriste médiéval : « leur vie et leurs possessions sont seulement protégées par le paiement de la jizya. »
Dans le passé comme au présent, les musulmans ont immensément profité des peuples conquis par le système de jizya.
Amr bin al-As, le compagnon de Mahomet qui conquit l’Égypte chrétienne en 640, a torturé et tué tous les coptes qui essayèrent de cacher leur fortune. Quand un copte lui demandait « Combien faut-il payer pour la jizya ? », le héro islamique répondait: « Si tu me donnes tout ce que tu possèdes –du sol jusqu’au plafond– je ne te dirais pas combien tu me dois. A la place, vous (les chrétiens) êtes notre sac à trésor, comme ça, si nous sommes dans le besoin, vous serez aussi dans le besoin, et si ça se passe bien pour nous, ça le sera aussi pour vous. »
Même cela ne fut pas assez. Plus tard, le calife Uthman avait réprimandé Amr bin al-As parce qu’un autre gouverneur d’Égypte avait réussi à augmenter la fortune du califat en doublant ce qu’Amr avait. Selon Uthman, ces « chameaux (appartenant aux coptes chrétiens) produisaient plus de lait. » Des années plus tard, un autre calife, Suliman Abdul Malik, écrivit au gouverneur d’Égypte, le conseillant « de traire la chamelle jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de lait et qu’il en sorte du sang. »
Pas étonnant que l’Égypte soit passée d’une majorité chrétienne au VIIe siècle, à l’Égypte actuelle avec à peine 10% de coptes, en constante diminution, à cause des persécutions qui ne s’arrêtent guère.
Institutionnaliser la jizya est une notion islamique qui permet de s’adonner au butin dès que possible. L’Encyclopédie de l’islam affirme que la jizya « avec ou sans justification doctrinale, et demandes arbitraires (pour l’argent) apparaissent à chaque fois. » Le voyageur médiéval Marco Polo, dont les chroniques sont réputées impartiales, a fait une observation intéressante concernant les musulmans à Tauris (Irak actuel) au XIIIe siècle :
« Selon leur doctrine (l’islam), tout ce qui est volé ou pillé des gens issus d’une confession différente, est acquis, et le vol n’est pas un crime. Tandis que ceux qui sont blessés ou sont morts par la main des chrétiens [au cours de ces raids] sont des martyrs. Ces principes sont communs à tous les Sarrasins [musulmans]. »
Pour le cheikh contemporain Abu Ishaq al-Huwaini, concernant ce que le monde musulman doit faire pour surmonter les problèmes économiques :
« Si nous pouvons mener une invasion djihadiste au moins une fois par an ou si possible deux ou trois fois, alors beaucoup de personnes sur terre deviendraient musulmanes. Et tous ceux qui nous empêchent de faire notre dawa [invitation à se convertir] ou se mettent en travers de notre chemin, alors nous devons les tuer ou les prendre en otages et confisquer leurs biens, femmes et enfants.De telles batailles permettront de remplir les poches des moudjahidins [combattants de la guerre sainte] qui pourront retourner à la maison avec trois ou quatre esclaves, femmes et enfants. Cela peut être un business profitable si on multiplie chaque tête de 300 ou 400 dirham. Cela peut être l’équivalent d’un abri financier par lequel un djihadiste, en temps de besoin financier, peut toujours vendre l’une de ses têtes. »
C’est ainsi que pendant plus d’un millénaire, les chefs musulmans ont extorqué de l’argent aux infidèles sous leur emprise, de façon légitime, pour en tirer profit.
Cette escroquerie financière s’est terminée grâce à l’intervention européenne. Au milieu du XIXe siècle, les territoires musulmans abolirent un à un la jizya et donnèrent aux non musulmans des droits dont ils ne bénéficiaient pas auparavant – à l’origine, pour apaiser les puissances occidentales, et ensuite par rivalité avec le mode de gouvernement des occidentaux. Le décret Hatti-Humayoun de l’empire Ottoman (1856) abolit la jizya dans de nombreux territoires régit par l’empire. Dans le reste du monde musulman, la jizya fut petit à petit abolie là où les puissances occidentales furent présentes.
Pourtant, aujourd’hui, alors que les musulmans réclament leur héritage islamique – souvent face à l’approbation et à l’encouragement de l’Occident, maintenant sous le charme du multiculturalisme – la jizya, qu’elle soit institutionnalisée sous l’État islamique ou justifiée pour piller les infidèles, est de retour.
Même en Occident, en 2013, un prédicateur musulman britannique qui recevait plus de 25 000 livres par an grâce à des aides sociales, a comparé les contribuables britanniques à « des esclaves » :
« Nous prenons la jizya, qui est de toute façon notre haq (droit en arabe). C’est une situation normale par laquelle nous prenons l’argent des kafirs (les infidèles). C’est normal. Ils nous donnent de l’argent, vous travaillez, et vous nous versez l’argent, Allahu Akhbar (Allah est grand). Nous prenons l’argent. »

LES MENSONGES ACADEMIQUES CONCERNANT LA JIZYA
Pourtant si les musulmans – de l’État islamique jusqu’aux professeurs d’universités égyptiennes – connaissent la vérité sur la jizya, l’Occident semble inconscient, à cause de l’influence de ceux qui font autorité en islam : les universitaires occidentaux et autres « experts. »
Selon John Esposito, directeur du Centre Prince Alwaleed pour une entente entre musulmans et chrétiens, à l’université Georgetown :
« Sur beaucoup d’aspects, la population locale (chrétienne, juive et autres) trouvait la loi islamique plus flexible et tolérante que celle des byzantins ou des perses. Les communautés religieuses étaient libres de pratiquer leur foi et étaient régies par des chefs religieux et des lois dans des domaines tels que le mariage, le divorce, et l’héritage. En échange, il leur était demandé de payer la capitation qui leur donnait droit à la protection islamique pour toute agression extérieure et les exemptait du service militaire. Ainsi, ils étaient appelés « les protégés » (dhimmis). En effet, cela signifiait souvent une baisse des impôts, une plus grande autonomie locale… »
L’idée que la jizya demandée permettait d’acheter « une protection islamique pour toute agression extérieure » n’est que pur mensonge. Son affirmation que la jizya était payée pour les « exempter de tout service militaire » l’est encore plus, comme si les conquérants musulmans auraient même voulu ou accepter que les « infidèles » se battent à leurs côtés au nom du jihad (guerre contre les infidèles) sans d’abord les convertir à l’islam. Et pourtant ces deux mythes sont largement répandus.
En réalité, la jizya est une capitation de protection, non pas des agresseurs extérieurs, mais de leurs propres voisins musulmans. Qu’elle soit issue du premier califat ou du nouvel auto proclamé État islamique, les suzerains musulmans continuent à juger la vie de leurs infidèles sujets, qui doivent l’acheter, en échange d’argent. Les infidèles soumis ne sont que des vaches à lait à traire « jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de lait et qu’il en sorte du sang » pour ne pas citer les mots mémorables du calife de l’époque.
Il n’y a rien d’humain, de raisonnable, ou d’admirable dans la demande d’une capitation pour les minorités non musulmanes conquises, comme les universitaires peuvent le prétendre. La jizya n’est qu’une extorsion d’argent.
Son but a toujours été de fournir une protection aux non musulmans des musulmans dans l’ordre qui suit : paie, ou bien convertis-toi à l’islam, ou meurs.
Et ceci est demandé aussi bien dans le coran que dans les hadiths, les deux piliers de l’islam. En bref, la jizya n’est qu’un autre fait lamentable de l’islam (comme le jihad offensif, l’impérialisme, la misogynie, l’esclavage etc.), dont le sens est déformé par les universitaires, mais qui ne peuvent dissimuler la vérité, tandis que le monde reste les bras croisés en regardant sa reprise, au XXIe siècle.